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Sorcellerie et sabbat.

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    Le sabbat du mont Etenclin.

 

     Nous ne pourrions invoquer Varenguebec sans parler   du fameux sabbat qui a fait couler tant d’encre sous le nom ‘des sorciers de La Haye Du Puits’ Chacun tenait pour vrais les faits relatés sur les sorciers d’Etenclin à des kilomètres à la ronde.

Les archives diocésaines de Coutances nous renseignent sur la façon dont les sabbats  fonctionnaient : » Le sabbat solennel se tient deux fois la semaine ,Le Lundi et le Vendredi.

la veille de la Saint Jean Baptiste. Il n’apparait que deux diables, l’autre Diable prend la forme d’un bouc. Il faut être marqué trois fois pour avoir le pouvoir de faire des maléfices, ce qui n’est accordé qu’à 24 ou 25 ans.

 »Les sorciers le sont souvent de père en fils. Ils vont au sabbat dès leur jeune âge.  Dès leur arrivée, le Diable leur fait embrasser son derrière en guise de bienvenue et les festivités commencent.  Dans de grandes bassines mijotent   de la chair de pendus, des morceaux de  nouveaux nés bouillis avec de la chair de serpent, le reste du festin devant être conservé afin de  servir, après s’être  frotté le corps, à s’envoler à l’aide de paroles magiques comme  » Piques su feuilles. »

Ensuite on disait la messe à l’envers avec du radis noir en guise d’hostie  et l’on dansait et copulait jusqu’au lever du jour.

 

Le procès.

On apprit bien vite la tenue de ces sabbats alors que débutait l’année 1670,  par l’intermédiaire des racontars de Jacques Noël, un jeune homme sujet à des crises où il voyait des spectres st des Diables partout..

 Comme le bruit arriva jusqu’aux oreilles du Bailli de La Haye Du Puits, ce dernier le fit interroger. Les interrogations du tribunal  de l’officialité étaient musclées : la question,  qui consistait  à faire ingurgiter des litres et des litres d’eau au supplicié et aussi le supplice du brodequin fait pour broyer les jambes jusqu’à ce que les os  éclatent  et autres joyeusetés du même genre.     

Sous la torture, on avoue n’importe quoi et le dit Noël accusa Charles Godefroy fils de sorcier et sorcier lui même de l’avoir entraîné contre son gré avec  Jacques Harivel et Nicolas Lemmonier boulanger de la Haye Du Puits . Il dit avoir vu au sabbat le Diable sous la forme d’un homme noir à cornes, les yeux éteincelants au milieu d’une assistance nombreuse .

Toutes les personnes que Jacques Noël avait citées comme assistants furent sur le champ emprisonnées au château de La Haye Du Puits.
Le procureur fit lancer des  »monotoires » le jour de la messe dans toutes les paroisses environnantes afin de mener une enquête et obtenir des renseignements et  dénoncer toutes les personnes supposées assister au sabbat, ce qui jeta le trouble et la terreur dans les esprits. Beaucoup accusèrent leurs voisins de peur d’être eux mêmes un jour sur le banc des accusés.

Le résultat ne se fit pas attendre: d’après François Roubelot,et François Lecrettevillois, des prêtres y assistaient : les curés de Saint Symphorien, de Prétot,  l’abbé Questier de Coigny furent dénoncés comme étant des suppôts de de Satan.

Michelle Deshayes, d’Abbeville, veuve de Martin Lemarchand fut accusée d’avoir amené au sabbat un petit enfant vivant, né de ses œuvres. Le jour du procès, on reprocha à la même Michèle Deshayes de s’être vantée au démon de service d’avoir maléfié le curé Lucas de Varenguebec  et de l’avoir fait mourir par la force du Diable.

Charles  Basneville, aussi dérangé que Jacques Noël déposa que,  revenant de la veillée, passant à minuit dans le bois d’Etenclin, il avait vu un attroupement de personnes nues qui dansaient.
A partir de ce jour tout le monde vit  partout  des assemblées de sorciers nus , la fille de Laurent Jeanne, Issac Marais et Jacques Beaudoin témoignèrent en avoir vus eux- aussi.

Les cerveaux entrèrent en ébullition, la fabulation fut à son comble : plus de cent personnes furent incarcérées dans les prison du château de La Haye Du Puits. on fit subir la question aux prévenus qui sous la torture avouèrent  tout ce que l’on voulait bien leur faire dire.

Marguerite Marguerie dit que son fils Siméon était né après qu’elle se fut donnée au Diable. Il lui avait offert un petit démon de compagnie nommé Joli cœur qui l’emmenait sur son dos au sabbat

Jean Lecousteur  déposa qu’il avait vu la-bas le berger Richard Baude.

Jacques Legastellois et Simon Marguerie confirmèrent avoir vus cinq ou six fois des enfants morts nés mangés aux sabbats.

Les premiers condamnés à mort au nombre de neuf furent : Richard Baude berger de Varenguebec, Antoine Questier, curé de Coigny, Charlotte Levavasseur , belle sœur de ce dernier, Charlotte Ledy de cette même commune, Jean Lecousteur, Etienne Lemonnier, instituteur à Coigny, Etienne, Marguerite et Simon Marguerie.

Les malheureux furent envoyés à Carentan où l’on s’apprêtait à exécuter la sentence : La pendaison suivie de la destruction du cadavre par le feu et les cendres jetées aux quatre vents .

Heureusement, le président du parlement de Rouen, plus large d’esprit que ses confrères demanda à son lointain cousin Colbert de convaincre le Roi de gracier les condamnés à mort: celui-ci devait être entendu et la peine fut changée en bannissement à vie , d’autre part, le Roi  ordonnait que soit suspendu tout autre procès comportant la même accusation de sorcellerie .

Antoine Questier, le malheureux curé de Coigny , devait mourir de ses souffrances avant l’acquittement.

En 1969, un film de Michel Subiala raconta le martyr des prétendus sorciers sous le titre LE SABBAT DU MONT ETENCLIN

 

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